02 juillet 2009
Cher Jésus,

Tu te souviens quand je disais que t'étais qu'un acrobate en slip sur une croix qui refoulait sa sexualité sadomasochiste ?
Bah ce jour là je déconnais.
Si j'te jure.
En vrai je kiffe grave ton côté hippie chevelu complètement ouvert aux nouvelles expériences. Ma copine Marie elle m'a même offert une bougie à noël avec ta photo imprimée dessus et un texte qui disait "Il te regarde, fais de ton mieux". Sur la tête de ma mère, j'ai mis cette bougie sur ma coiffeuse entre mon déodorant Dove et ma crème hydratante aux algues. Tous les matins et tous les soirs j'te regarde avec admiration en me disant que t'es beau comme un démonte-pneu.
Tu me crois maintenant ? Tu me crois quand j'te dis que j'te surkiffe ?
Oui ?
ALORS POURQUOI TU M'INFLIGE TOUT ÇA HEIN ? POURQUOIIII ??!
J'ai jamais vécu une matinée de merde comme ça. Jamais. Alors j'te préviens, demain t'as intérêt d'être plus que gentil et de m'envoyer un p'tit chèque de 1000 euros par la poste pour te faire pardonner.
Pour commencer :
Ce matin, mon réveil gentiment posé par terre au pied du lit (ainsi placé afin que je sois obligée de me lever pour l'éteindre) a sonné à 6h30. Et 6h30 c'est tôt, surtout quand on est complètement explosée. Et une blonde complètement explosée ça devient tellement bête que ça peut en devenir très douloureux. Oooh oui.
Mon réveil a donc sonné et mon corps a courageusement essayé de se réveiller en même temps que mon cerveau pour aller éteindre ce *BiiiiiiiP BiiiiiiiP BiiiiiiiP* insupportable. Le hic, c'est que mon corps s'est réveillé AVANT mon cerveau. Et là, c'est le drame...
Je me suis assise en tailleur dans mon lit et sans réfléchir, instinctivement, en laissant mon bon sens de côté, j'ai décidé de me pencher en avant dans cette position pour éteindre le réveil au sol (basculant ainsi tout le poids de mon corps 70cm plus bas, alors que mes jambes étaient bloquées en tailleur). Cette position étant très loin d'être naturelle pour mon organisme, et ayant forcé légèrement sur les articulations de mon pauvre petit corps encore à moitié endormi, j'ai soudain entendu un craquement ignoble tellement sonore et puissant dans mon genou que j'ai cru un instant avoir pété une latte du lit. Une milliseconde plus tard j'avais le privilège de sentir la douleur monter, une douleur si intense que j'ai enfin pris conscience que j'venais de me ruiner la jambe pour du vrai. Alors j'ai hurlé à la mort, parce que j'savais pas quoi faire d'autre. J'ai hurlé comme une grosse psychopathe en me tenant la jambe droite à deux mains et en imaginant déjà la fracture ouverte. J'me suis égosillée telle une truie qui met bas pendant au moins 30 bonnes secondes en me tordant de douleur dans tous les sens (genre l'exorciste en pleine crise d'épilepsie) jusqu'à ce que j'entende à nouveau *Craaaaaaaack*. Et c'était terminé.
Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, je ne veux pas le savoir, mais ce qui est sûr c'est que j'ai réveillé tout l'immeuble et que j'ai grave traumatisé mon chat.
Je me lève donc en boitillant légèrement, mais cependant très soulagée de ne pas avoir à me rendre aux urgences pour qu'on m'attribue encore une fois une paire de béquilles, quand je m'aperçois soudain que je suis tout à fait incapable d'avaler ma propre salive. Impossible d'ingurgiter mon thé ni même mon petit déjeuner, je pars au boulot avec la gorge en feu.
Une fois sur place je me mets à frissonner bien que portant un gilet et une écharpe.
- Il fait putain de froid ou c'est moi qui me tape un délire ?
- Arrête la drogue, c'est un vrai four ce bureau.
Bingo.
J'ai de la fièvre.
Alors je décide de me rendre à l'unique pharmacie du quartier pour déclarer mon état de "presque décédée" mais que voiiiis-je ?
PHARMACIE FERMÉE JUSQU'AU 10 JUILLET
J'ai eu, l'espace d'une minute, comme une envie de me pendre avec mes lacets de chaussure.
Mais pour ne rien gâcher de ma si belle matinée j'ai décidé de tenter d'aller manger à la cantine avec mes collègues afin d'avoir la possibilité de me renverser un demi-litre de sauce au poivre sur tout le mollet gauche.
J'ai passé la moitié du repas à éponger ma jambe avec des serviettes en papier tout en m'insultant à haute voix.
Je hais cette journée.
Heureusement que cette bombe de Charlie Winston est là pour me dire qu'il adore mon sourire.
Ça c'est un homme qui sait parler aux femmes, nom d'une turlutte.
.
Commentaires
Mon pauvre petit chat...
oublie l'idée de te pendre avec tes lacets, t'auras trop de mal vu que tu mets des suce-doigts ;)
Et puis jcrois que tout ça c'est parce que t'as pas été marcher pour Jesus samedi dernier... et Jesus il a fait l'appel et il a bien vu que t'étais pas là!
Hey ! Après deux semaines de loose, GRAVE, plus rien depuis hier. Je me demandais où était partie ma loose. Maintenant, je sais. Merci de prendre soin d'elle :)
T'as fait comme Mel Gibson dans les armes fatales avec son épaule, mais avec ton genoux. Trop fort.J'ai très beaucoup rigoler, et ça fait très beaucoup de bien.
Je confirme: c'est une journée de merde!
et...
Et heureusement que Charlie Winston est là... vive nos vies de canards, tiens ;-)
le malheur des uns fait le bonheur des autres.
parce que j'ai beaucoup ri de toi.
merci!
Demain est un autre jour qui ne peut pas être pire...
J'ai eu mal pour toi en lisant tes malheurs.
Bon courage et bon rétablissement!
Ooooh mes p'tites colombes, c'est si mignon tout ça..
Vous pouvez pas savoir comme ça me réchauffe le cœur de vous imaginer en train de vous moquer de ma terrible souffrance :)
Ça m'émeut profondément, sisi !
Tout plein de poutoux partout bande de chiens galeux.
Et vive nos vies de canard !
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